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Les dirigeants syndicaux font « bloc » contre le Front national, et probablement contre les syndiqués

Juin 2015

Le fameux esprit du 11 janvier (énorme traquenard médiatique, comme le décrit très bien Serge Federbusch dans son ouvrage La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie) continue de susciter les tentatives de récupération les plus indignes, de la part d’organisations proches ou directement liées au pouvoir. Les attentats de Charlie Hebdo auraient dû constituer un moment d’unité nationale contre le terrorisme fondamentaliste islamiste, et n’auraient dû susciter qu’un commentaire très simple : en France, il est inacceptable de tuer des hommes pour des dessins. Ironiquement, le pouvoir s’est mué en défenseur de la liberté d’expression pour mieux la diminuer. Plutôt que l’union nationale, ils voulaient l’unanimité nationale autour de leur politique indigne.

Aujourd’hui, ce sont sept organisations syndicales qui tentent de surfer sur cette vague quasi totalitaire dans l’optique de « s’opposer au Front national ». Dans un appel commun à « lutter contre le racisme, l’antisémitisme et le fondamentalisme », les signataires font du mouvement patriotique leur cible principale. Il paraît que c’est très Charlie de vouloir ridiculiser et culpabiliser un bon tiers de l’opinion. Ne vous y trompez pourtant pas, il n’y a là que de basses manœuvres politiciennes. Les sept signataires (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA et FSU) donnent le ton dès le titre de leur lettre ouverte, intitulée « Après le 11 janvier, vivre ensemble, travailler ensemble ».

Ils entendent lutter sur le plan sociétal, à défaut de pouvoir peser dans les luttes sociales. Toujours la même logique sociétaliste, qui a privilégié, depuis quarante ans, la lutte des catégories sociales, et des communautés, à celle des classes. Une erreur qui s’apparente aussi à une nouvelle forme de clientélisme, car les Français ne s’identifient désormais plus à des classes, mais malheureusement bien trop souvent à leurs différences narcissiques. Les syndicats cherchent donc à recruter des adhérents, et ils prennent en compte la nouvelle sociologie française.

Seul manque à l’appel Force ouvrière, un syndicat probablement plus malin que les autres. En effet, de nombreux syndiqués votent désormais pour le Front national, et ils pourraient être courroucés par cette lettre unitaire qui amalgame honteusement leur engagement patriotique au fondamentalisme, à la manière de Romain Goupil, représentant de ces anciens trotskistes devenus néo-conservateurs.

Pour les syndicats signataires, les idées du Front national seraient « nauséabondes ». Est-ce à dire que lutter contre les accords TAFTA serait détestable ? Est-ce à dire, encore, que le patriotisme économique et le protectionnisme intelligent sont des idées absurdes ? Faudrait-il, selon ces syndicalistes de salon, privilégier l’absorption de l’économie française dans un mondialisme incontrôlé, qui détruit des centaines d’emplois chaque année (Renault Trucks, Norbert Dentressangle) ? Un certain degré de patriotisme économique et de protectionnisme est pourtant nécessaire à la protection de nos industries, et donc de nos emplois. Les syndicats s’affichent en idiots utiles des trusts hégémoniques et de la finance américaine. Ils ratent le train de l’Histoire. Gageons que les syndiqués, eux, ne le rateront pas.

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/dirigeants-syndicaux-bloc-contre-front-national-probablement-contre-syndiques,180951

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Numéro 23 : le business du communautarisme

Juin 2015

Exemple avec la chaîne Numéro 23. En mars 2012, le CSA attribuait gratuitement une fréquence à Pascal Houzelot pour créer une chaîne dite de la « diversité ». Enfin, gratuitement, c’est vite dit. L’homme avait quelques obligations politiques et idéologiques. La chaîne de la TNT nouvellement créée devait répondre à des objectifs fixés par le CSA (et le président Sarkozy), parmi lesquels « lutter contre le repli identitaire », « être un aiguillon sur les autres chaînes et un incubateur » (sous-entendu, d’animateurs et de talents issus de la fameuse « diversité »), car selon nos doctes maîtres, « la diversité est source de richesse et de progrès pour la société française ». Il est toujours étonnant d’entendre les super humanistes sociétalistes nous parler de « diversité », alors qu’ils sont les premiers à vouloir transformer Robert Ménard en monstre pour avoir consulté des registres scolaires.

Leur hypocrisie est sans limites, car la « diversité » ne représente pour eux qu’un juteux business communautariste, et l’assurance de se sentir moralement irréprochables vis-à-vis de l’idéologie dominante. À l’origine, les sages du CSA voulaient une « chaîne culturelle thématique axée sur toutes les diversités ». Qu’entendaient ces messieurs par « toutes les diversités » ? Nous ne le saurons pas précisément, toute la malignité du procédé réside en effet dans son ambiguïté. En revanche, on peut imaginer sans trop se tromper que le cahier des charges visait à installer dans le paysage audiovisuel français un média servant à la promotion d’un multiculturalisme à la française. La « société du spectacle », décrite par Guy Debord, a créé une nouvelle dialectique dans laquelle ce qui est « montré » à voir devient un modèle référentiel qui inspire la réalité. En somme, nous sommes passés d’un monde de la représentation à un monde de la démonstration reproductible.

Numéro 23 devait être la démonstration du multiculturalisme, et le référent du modèle de société souhaitée tant par monsieur Sarkozy que par monsieur Hollande. Pour remplir ces objectifs globalistes, l’arme audiovisuelle est parfaite. Les téléspectateurs sont entraînés à penser que la fiction montrée à l’écran est le monde réel, alors que ça n’est que le monde tel qu’ils voudraient qu’il soit. C’est-à-dire le mythe de la mondialisation heureuse, et de son corollaire, le multiculturalisme triomphant. Derrière ces bonnes intentions de façade se cache le plus naturellement du monde la volonté de gagner de l’argent rapidement et sans trop d’efforts, sur le dos de pouvoirs publics incompétents et soumis.

Le CSA et Nicolas Sarkozy ont tout fait pour accorder, sans la moindre contrepartie financière, un canal de la TNT à Pascal Houzelot qui va s’enrichir de 88 millions d’euros suite à la revente. Ces millions lui permettront de ne pas être trop ridicule en compagnie de ses amis Bergé, Niel et Pigasse, qu’il a mis en contact. Salaire de son entregent ? Une place au conseil de surveillance du journal Le Monde.

Pascal Houzelot appartient à cette caste parasite, les fameux « lobbyistes » dont le travail se résume à organiser des dîners mondains entre cadres de l’UMP et du PS, et grandes fortunes françaises ou étrangères. Un petit peu comme pour Félix Marquardt, la seule diversité connue de monsieur Houzelot est celle de la super-classe mondiale. Rien d’étonnant à ce que Numéro 23 se soit faite la spécialiste de la diffusion de programmes débiles de télé-réalité américaine : ça rapporte gros et ça abêtit un peu plus ce peuple français méprisé. Il est temps de faire un grand ménage dans l’audiovisuel français. Assez des copinages, des magouilles, de l’argent roi et de l’indigence intellectuelle. Assez, aussi, de ces chaînes qui ne respectent pas les lois de la République en embauchant prioritairement les profils « issus de la diversité », à compétences égales, selon les mots d’une tribune parue dans Libération en défense de la chaîne Numéro 23.

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/communautarisme-business-rapporte,180589

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Dixième anniversaire du référendum de 2005 : non !

Mai 2015

Dix ans. Il y a dix ans, déjà, les Français ont voté « non » au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Plus de 54,68 % des suffrages exprimés l’avaient été en faveur du « non ». Pour la première fois de notre histoire, un traité européen était massivement rejeté dans les urnes. Il fut pourtant porté par un ensemble puissant d’hommes politiques représentatifs de l’alternance entre la pseudo-droite et la pseudo-gauche, dont nombre d’entre eux exercent encore aujourd’hui le pouvoir au sein de l’actuel gouvernement sociétaliste. François Hollande et Nicolas Sarkozy militaient ensemble avec ferveur pour le « oui » ; ils ont pourtant, chacun, été élus à la fonction suprême de la Cinquième République, et en ont profité pour renforcer la puissance des institutions européennes au-delà de toute mesure.

Nicolas Sarkozy, dans son interview de retour en politique accordée au Figaro Magazine en 2014, déclarait qu’il ne regrettait pas d’avoir fait ratifier le référendum par la voie parlementaire lors de son mandat présidentiel, car la question posée à l’époque au peuple français en comprenait « plusieurs centaines ». Il sous-entendait donc que les Français sont incapables de se prononcer démocratiquement sur des questions qui engagent l’avenir du bien commun et de la souveraineté nationale. Au fond, il pense strictement la même chose que Jean-Claude Juncker, qui estime de son côté qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Ces gens nous pensent-ils trop bêtes, ou trop rebelles ?

Comble de l’hypocrisie : Nicolas Sarkozy affirmait plus loin dans l’entretien qu’il comptait restaurer le référendum dans son plein et entier esprit gaullien. Pour lui, comme pour François Hollande, les Français ne devraient donc avoir le droit de s’exprimer que lorsqu’ils renforcent leurs positions respectives au sommet de l’État mais pas sur les questions fondamentales.

Pas étonnant, dans ces conditions, que le peuple commence enfin à se réveiller et à regarder d’un mauvais œil les deux partis de l’alternance et leurs chefs respectifs. Ils ont été dépossédés de leurs votes une fois, puis deux, puis enfin trois. D’abord trahis sur la question de la construction européenne, puis trahis par Nicolas Sarkozy sur les questions essentielles de l’immigration et de la sécurité, une dernière fois trahis par François Hollande qui applique depuis trois ans un programme politique complètement délirant et dangereux tant à l’intérieur de nos frontières (à tous les niveaux, de l’Économie à l’Éducation nationale en passant par la Justice) que dans sa stratégie diplomatique.

Un sondage Odoxa pour Le Parisien vient illustrer ce que les observateurs attentifs de la vie politique pouvaient subodorer : François Hollande et Nicolas Sarkozy ne sont plus perçus comme des recours d’avenir pour la France. Ils sont 72 % à ne pas souhaiter que Nicolas Sarkozy soit candidat en 2017, et 77 % à rejeter François Hollande. Le peuple français prend son temps, observe, attend. Une fois qu’il a compris, il ne fait plus confiance. Dehors, les traîtres. Vite, l’alternative !

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/hollande-sarkozy-dix-ans-apres-dit-non-francais-nen-veulent-plus,179741

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Quand FIFA rime avec mafia

Mai 2015

Andrew Jennings, journaliste écossais, affirmait, en quatrième de couverture de son ouvrage d’enquête sur le fonctionnement de la FIFA, Omerta, que « la FIFA, sous la direction de João Havelange et désormais celle de Sepp Blatter, correspond en tout point à la définition d’un syndicat du crime organisé. » Il n’est, d’ailleurs, pas le seul à penser que la FIFA est un repaire de délinquants en col blanc, prêts à tout pour s’enrichir aux dépens des pays organisateurs de la Coupe du monde. Le magazine So Foot dressait dans son dernier numéro un portrait peu flatteur du glacial Sepp Blatter, décrit comme un homme sans convictions, uniquement animé par ses intérêts personnels et avide de gloire.

L’attribution de la Coupe du monde 2022 au petit État princier du Qatar se trouve au centre des interrogations actuelles concernant la FIFA. Rien ne justifiait ce choix car le pays est trop petit, trop chaud, et n’a pas de tradition footballistique. Ce cadeau fait au Qatar est suffisamment étrange pour que de nombreux journalistes se soient lancés sur la piste de la corruption éventuelle de membres de la FIFA. Des bruits courent sur les pots-de-vins qu’aurait pu verser l’émir, par l’intermédiaire de vassaux ou de proches, à d’éminents membres de la commission chargée de désigner les pays organisateurs. Suivant ces soupçons, le vice-président qatari de la FIFA, monsieur Bin Hammam, a été banni à vie pour ses agissements au sein de la Confédération asiatique de football, et notamment des faits de corruption.

À une semaine des élections pour la présidence de la FIFA, auxquelles se présente le président sortant Sepp Blatter, l’arrestation de six de ses dirigeants, à la demande du FBI, fait désordre. Passons sur le caractère papal de la présidence de la FIFA, qui semble acquise pour l’éternité à l’inamovible Sepp Blatter.

Comme l’indique Guido Tognoni, ancien cadre de la FIFA, dans une interview pour Le Monde : « Blatter est attaché au pouvoir dans le football. C’est sa passion. Il manipule tout. Son but est de se maintenir au pouvoir. Etre président de la FIFA, cela signifie faire campagne pendant quatre ans. C’est distribuer des cadeaux, verser de l’argent, faire des faveurs à des amis, punir ceux qui ne suivent pas. Il faut douter du fait que la FIFA soit démocratique. » Le tout sur fond de manœuvres diplomatiques et géostratégiques. Par l’importance financière de son sport, la Fédération bénéficie du pouvoir d’un petit État et fait partie intégrante de ces super-groupes mondiaux qui confisquent les pouvoirs décisionnels aux peuples.

Nous sommes loin du football populaire, de la pratique amateur, mais beaucoup plus près de la finance internationale qui s’apparente de plus en plus à la criminalité organisée. D’ailleurs, le fonctionnement de la FIFA n’est pas sans rappeler celui d’autres organismes transnationaux aux fonctionnements qui n’ont de démocratique que le nom. Juncker et Blatter ? Un même combat contre les peuples. Quarante ans d’existence pour la FIFA et une culture de la corruption jamais démentie, un fonctionnement quasi sectaire, un grand gourou : panem et circenses.

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/fifa-rime-mafia,179221

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La fronde contre Bruxelles s’intensifie grâce à deux hommes : David Cameron et Viktor Orbán

Mai 2015

La Commission européenne agace les dirigeants les plus soucieux des intérêts de leurs peuples. Cet organisme supranational, dénué de légitimité démocratique et électorale, entend dicter ses volontés à l’Europe tout entière. Mais des voix s’élèvent enfin contre ce mode de fonctionnement peu soucieux des nations européennes.

Récemment, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a grondé contre le projet de la Commission européenne visant à établir des quotas de migrants, pour répondre à l’afflux incontrôlé de réfugiés et de demandeurs d’asile aux frontières maritimes de l’Europe. Dans une déclaration qui devrait rester dans l’Histoire, le dirigeant magyar a tenu ces propos : « Nous voulons que l’Europe reste le continent des Européens et que la Hongrie appartienne aux Hongrois : c’est notre droit. » En effet, et c’est tout à l’honneur de la Hongrie que de réaffirmer son droit à rester souveraine.

Plus tard, il a affirmé, à juste titre, que se cachent parmi les migrants des terroristes islamistes potentiels. C’en était trop pour l’eurocrate Jean-Claude Juncker, qui a qualifié Viktor Orbán de « dictateur ». Pour la Commission européenne, un Premier ministre élu avec une écrasante majorité et souhaitant protéger son pays serait un « dictateur ». A contrario, imposer des quotas de migrants aux peuples européens qui n’en veulent pas serait « démocratique » ? De qui se moque-t-on ?

Si les critiques les plus virulentes contre la funeste politique engagée par Bruxelles se font entendre à Budapest, le fin politicien britannique David Cameron n’est pas non plus en reste. Le locataire du 10 Downing Street a entamé une tournée européenne destinée à expliquer son projet de référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à une Union européenne préalablement transformée. Pour asseoir sa position politique, le conservateur a assuré que le référendum ne serait pas ouvert aux 1,5 million de ressortissants de l’Union européenne vivant au Royaume-Uni. Il a d’ailleurs posé ce critère en exigence absolue, remettant par là en question les dogmes de la Commission européenne.

David Cameron agit conformément à ce que doit être un véritable chef d’État au service de son pays et de son peuple. Lui aussi refuse l’immigration massive en provenance des pays du Sud et le tourisme social intra-européen. S’il est favorable au maintien de son pays dans une Union européenne qui serait considérablement réformée, c’est d’abord parce qu’il entend restituer à la Grande-Bretagne la pleine et entière souveraineté politique du Parlement britannique. Par ailleurs, les Britanniques ne veulent pas des quotas de migrants, et ne veulent pas non plus verser sans conditions des aides sociales aux ressortissants de l’Union européenne, particulièrement ceux venus des pays de l’Est.

Cette fougue résistante contre le Léviathan mondialiste sonne comme un appel à la révolte en France. À quand des dirigeants français capables de tenir tête à l’eurocratie totalitaire ?

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/fronde-contre-bruxelles-sintensifie-grace-a-deux-hommes-david-cameron-viktor-orban,179034

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Palmyre, un symbole du drame qui se joue au Moyen-Orient

Mai 2015

Il y a un peu plus de 12 ans déjà, une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis envahissait l’Irak. Depuis lors, le Moyen-Orient est à feu et à sang. Cette seconde guerre du Golfe avait pour objectif officieux (hors les objectifs matériels) de créer un point de fixation de l’islamisme radical. L’objectif a été atteint, au-delà de toutes les espérances, puisque désormais les islamistes les plus virulents se sont rendus maîtres d’un califat transnational s’étendant de la Syrie à l’Irak. Parmi les « soutiens » de l’opération militaire de 2003, figuraient notamment Romain Goupil qui accusait récemment Marine Le Pen d’être « responsable » des attentats de Charlie Hebdo, ou bien encore la star du mouvement néo-conservateur, et synthèse de ce que l’UMPS a fait de pire, Bernard Kouchner. Ils ne doutent de rien, et donc n’hésitent pas une seconde à faire porter la responsabilité des erreurs, dont ils sont pour partie coupables, sur ceux qui les ont toujours dénoncées. Maintenant Palmyre est tombée, et nous n’avons plus que nos larmes à offrir à ces peuples martyrisés.

En effet, la plupart des crimes barbares de l’Etat islamique sont, pour lors, impunis. Aucune force ne semble en mesure de s’opposer à eux. Et pour cause, on a laissé prospérer ces monstres sans jamais vraiment mettre les moyens militaires, et stratégiques, nécessaires à l’arrêt de leur expansion. Les seuls opposants crédibles de l’Etat islamique, au premier rang desquels se trouvait l’armée régulière syrienne commandée par Bachar Al-Assad, ont été la cible d’un acharnement médiatique conséquent dans le monde occidental ; et, par voie de conséquence, n’ont pu compter que sur eux-mêmes, dès l’origine du conflit. Pire, les forces syriennes ont été prises pour cible par les gouvernements occidentaux (la France sociétalo-moraliste en première ligne), lesquels ont procuré des armes aux « rebelles » sunnites, souvent alliés objectifs des internationalistes islamistes de l’Etat islamique.

L’intérêt immédiat du peuple français (mais aussi de tous les peuples européens et des peuples moyen-orientaux) est d’éliminer l’Etat islamique. Face au mal absolu que représente ce néo-califat, l’Etat syrien doit être considéré comme un allié et un partenaire de circonstance. Il faut l’aider à vaincre les destructeurs de mémoires, les génocidaires des chrétiens d’Orient, et les esclavagistes des derniers descendants des philosophies religieuses perses comme les Yazidis. Il le faut aussi pour que les sunnites ne soient pas tous assimilés, dans les esprits contemporains, aux crimes de l’Etat islamique.

Subsistent des interrogations terribles auxquelles l’Elysée devra un jour répondre. Comment les forces de l’Etat islamique ont-elles pu traverser deux cent kilomètres de désert sans être bombardées ? On m’objectera que les stratèges militaires de l’Etat islamique déplacent désormais leurs troupes par petits groupes de pickups mobiles, plutôt qu’en colonnes, mais les forces occidentales n’ont-elles pourtant pas à leur disposition des drones et des hélicoptères capables de se rendre rapidement dans ces zones pour cibler ces cellules plus réduites ?

On constatera qu’en dépit des discours de façade, le gouvernement français ne veut pas remettre sérieusement en cause sa position de départ. La France, vassale des Etats-Unis, laisse consciemment les minorités religieuses et ethniques du Moyen-Orient subir le courroux de l’islamisme radical. Pourquoi la France a-t-elle toujours appuyé, par principe, les oppositions sunnites au détriment des nationalismes arabes ? Etait-il alors impossible de voir que derrière les velléités démocratiques se cachaient le spectre de la terreur la plus pure ? Orgueil, stratégie, ou incapacité intellectuelle à regarder la réalité en face ? Nul ne le sait, mais une chose est cependant sûre : les drames matériels, humains et historiques, s’accumulent. Le pire reste d’ailleurs à venir. Ici, comme là-bas. Nos dirigeants porteront une responsabilité historique et hériteront de la guerre et du déshonneur.

Nota bene : aujourd’hui, Palmyre a été reprise.

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/palmyre-symbole-drame-se-joue-moyen-orient,178644

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Manuel Valls envisagerait-il d’interdire le Front national ?

Mai 2015

Invité de la matinale de France Inter, l’avocat pénaliste à l’air perpétuellement renfrogné, Maître Éric Dupond-Moretti, avait eu ces mots à propos du Front national : « C’est un parti qui n’est pas républicain ». Puis, poursuivant sur sa lancée, il avait rajouté : « Je pense qu’il faut l’interdire, oui [le Front national]. Mais c’est compliqué car après, il y a des reconstitutions dissoutes. »

Je ne vais pas démontrer à nouveau que les antirépublicains sont les gens comme Me Dupond-Moretti ou Jean-Christophe Cambadélis, ou bien encore que la préférence nationale est consubstantielle à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et, donc, à nos institutions. Nul besoin, non plus, de s’attarder longuement sur l’idée que ces messieurs se font de la démocratie ; car lorsqu’ils s’interrogent sérieusement, et à voix haute, sur la possibilité d’interdire un parti qui rassemble un quart des électeurs, ils méprisent le principe même du pluralisme inhérent au régime politique dans lequel le « peuple commande ». Démonstration est donc faite que ces « Charlie » entendent avant tout créer, ou conserver, pour la France un mode de fonctionnement oligarchique, supranational et autoritaire.

Ce rappel d’actualité fait écho à la rumeur rapportée par Marine Le Pen concernant Manuel Valls. Il semblerait que ce dernier, effrayé par la poussée démocratique d’une force réellement républicaine et patriotique, ait envisagé, à plus ou moins long terme, la possibilité juridique de faire interdire le Front national. Cela est bien entendu impossible, à moins de dénaturer l’État de droit et les lois. Néanmoins, les velléités de cette élite qui méprise le peuple ne sont pas surprenantes et doivent inquiéter au plus haut point tous les vrais républicains et tous les démocrates. Ils nous indiquent qu’ils ne sont pas attachés du tout à la permanence historique de la France, qu’ils pensent même que notre pays n’existe déjà plus, et qu’ils feront tout pour protéger leur vision du monde (mais aussi, n’en doutons pas, leurs intérêts les plus triviaux) des aspirations populaires qui viendraient à la contredire.

Leur vision du monde n’est pas complexe, on peut la résumer en une phrase de François Hollande, rapportée par La Tribune : « Le monde n’est pas facile, il n’est pas gentil. » En somme, eux seuls sont les « gentils », et nous tous sommes les « méchants ». Cette dialectique, digne des films de super-héros américains qui envahissent nos écrans de cinéma, permet de tout justifier. Face au « mal », tous les coups sont permis, y compris les plus bas. D’où l’enquête injuste contre les assistants parlementaires du Front national ou les offensives régulières et infondées contre le financement du parti. L’idée est de préparer le terrain à une marginalisation future du courant patriote, afin de favoriser l’émergence d’une France d’après totalement dissoute dans la globalisation. Autrement, et à raison, le peuple prendrait leurs manœuvres pour un casus belli.

Nous n’avons pas de crainte à avoir, toutes leurs tentatives sont les symptômes de leur incapacité à endiguer notre progression. Aucune armée ne peut arrêter l’élan d’un peuple. Dans l’Histoire, ceux qui s’y sont risqués ont toujours fini par échouer.

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/manuel-valls-envisagerait-dinterdire-front-national,177974

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Les cosmopolites ne haïssent pas la France, ils nient son existence

Mai 2015

Au micro de Radio J, le premier secrétaire du parti sociétaliste a déclaré : « Je ne sais pas ce qu’est l’identité française, je connais l’identité de la République. » Non, vous ne rêvez pas. Jean-Christophe Cambadélis ne se contente pas de mépriser l’histoire de France, son histoire et sa civilisation, mais nie purement et simplement l’existence de notre nation. Il fait fi de notre longue mémoire ; pour lui, Clovis, Charlemagne, François Ier ou Napoléon Bonaparte n’avaient pas d’identité, et notre patrimoine littéraire, de Ronsard à Rabelais, en passant par Le Roman de Renart et La Chanson de Roland, n’a rien de français. D’ailleurs, vous n’existez pas, vous êtes des êtres vidés de toute identité, des Homo sovieticus multiculturels à la sauce libéralo-lambertiste tels que les affectionne l’internationaliste Jean-Christophe Cambadélis.

À titre personnel, je ne suis bien évidemment pas surpris par cette énième sortie de l’idéologue de l’anti-France qu’est, et restera, Jean-Christophe Cambadélis. J’espère néanmoins que de nombreux Français qui ferment les yeux, par ignorance ou naïveté, vont désormais les ouvrir. Le Parti socialiste (une très large majorité des cadres de l’UMP, aussi) pense que vous n’êtes rien, hors peut-être d’imprécis esclaves citoyens soumis à sa vision étriquée et mensongère de la République. La République est la chose du peuple, c’est un système politique dans lequel s’incarne notre nation, par et pour les Français. En allant plus loin, on peut même affirmer que la République est un système politique qui sert de véhicule institutionnel à la France, et conséquemment à son identité historique et civilisationnelle.

Les sociétalistes n’ont pas le droit moral de capturer la République pour leur profit électoral, personne ne leur a donné de brevet attestant du fait qu’ils seraient plus républicains que les autres, à commencer par le Front national. Tout au contraire, ils le sont moins car ils bradent la souveraineté nationale, tant sur le plan politique que budgétaire ou monétaire, et appliquent de facto une préférence étrangère par le système pervers de l’AME. Ces politiques sont fortement antirépublicaines, en plus d’être antifrançaises.

Quand on ignore la France dans son essence, on ne peut pas non plus être républicain. Monsieur Cambadélis ne sait pas ce qu’est la République française, car il ne peut admettre qu’elle s’inscrit dans un processus historique spécifiquement national et est donc marquée du sceau de la civilisation française. Par ses propos, le premier secrétaire du Parti socialiste est sorti du « pacte républicain », il s’en est exclu tout seul car le seul « pacte républicain » ayant une valeur morale est celui qui lie les Français à travers leur histoire et leurs héritages culturels indivis.

Le parti de l’anti-France n’est pas le parti de la République. La France est riche de sa grandeur passée et de son identité. Hors-sol, elle n’aura pas plus de valeur qu’un village de vacances luxueux pour riches touristes qataris. Peut-être est-ce la vision que défendait Jean-Christophe Cambadélis, lui qui n’a retenu du marxisme que la volonté de détruire les nations et les identités…

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/jean-christophe-cambadelis-ne-hait-france-nie-existence,177379

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Selfie, BHL ou bolos dans les dictionnaires : la grande déculturation continue

Mai 2015

Les dictionnaires se sont mis à jour. La langue évolue avec la culture et la société, et ces nouvelles éditions donnent une photographie tragi-comique de l’état présent de la France. La grande déculturation est en marche, elle n’épargnera pas ces grandes institutions nationales que sont Le Robert et <emLe Petit Larousse.

Lundi, parmi les 150 nouveaux noms communs que dévoilait la dernière mouture du Petit Larousse, figuraient entre autres « Selfie », « Bolos » ou « Mémériser ». Il est navrant de constater que les éditeurs des dictionnaires s’abandonnent à l’air du temps, pour satisfaire aux desiderata d’une partie inculte de la jeunesse qui n’en demandait probablement pas tant. Quel est l’intérêt d’un coup de pub qui amène à se trahir et à trahir la langue française ? « Selfie » n’est pas un mot français ; sa version québécoise, l’« egoportrait », est beaucoup plus correcte et amusante. Mais que voulez-vous, nos dirigeants n’aiment rien tant que ce qui nous vient d’outre-Atlantique. C’est jeune, frais, festif et multiculturel.

Le terme « mémériser » a, par exemple, été popularisé par l’animatrice « relookeuse » (j’anticipe l’édition 2017) Cristina Córdula. La « mémérisation » est un néologisme qualifiant l’opération, pour une femme, de s’apprêter d’une façon qui la vieillit. On peut aussi le traduire au masculin : « François Hollande était pépérisé par Ségolène Royal, en changeant de compagne il espérait paraître un peu moins bolos. » Voilà une phrase élégante, et riche d’un vocabulaire enjoué.

Peut-être ne savez-vous d’ailleurs pas encore ce qu’est un « bolos » ? Ce terme utilisé par la jeunesse, et issu à l’origine de l’argot des quartiers « populaires » et du rap, qualifie, selon Le Petit Larousse, « une personne naïve ou peu courageuse, ou complètement ridicule, voire stupide ». Maintenant que son usage est autorisé, je sens que je vais régulièrement utiliser ce mot pour qualifier nos contemporains, car nous vivons bel et bien au temps des bolos (peut-être sera-ce ainsi que notre période sera mentionnée dans les manuels d’histoire du futur) : « Ouah, Christiane Taubira c’est trop une bolos, elle nous met pas en prison ! »

En parlant de bolos, il ne faudrait pas oublier BHL, qui fait son entrée dans les noms propres du Petit Larousse en compagnie des mots ci-dessus évoqués, et de toute une palanquée de noms communs effroyables tels « VTC », « tuto », « community manager », « glamouriser » ou bien encore « rétropédaler », très en vogue auprès de Manuel Valls et Nicolas Sarkozy, qui en font un usage politique sans limites.

Le Robert a aussi souhaité se « glamouriser » en proposant un peu de « beuh » à ses lecteurs. En outre, quelques nouvelles expressions font leur arrivée dans ce Robert : « tendu comme un string » et qui « part en cacahuète ». J’aimerais bien continuer à « envoyer quelques scuds » à ces vénérables ouvrages, mais j’ai peur de m’« auto-pépériser » en étant un peu trop réactionnaire. Allez, pour me faire pardonner, je vais prendre un « selfie » en « écoconduisant », peut-être que j’arriverai enfin à me « dédiaboliser ».

Gabriel Robin

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/selfie-bhl-bolos-dictionnaires-grande-deculturation-continue,177373

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Roubaix, Toulouse… Face aux voyous, l’État vous propose de déménager

Mai 2015

L’affaire de la famille de Roubaix est tellement ahurissante qu’il est très difficile de la commenter en gardant son sang-froid. D’un naturel désenchanté, je n’imaginais tout de même pas que l’État français en était rendu à une telle faiblesse. Le laxisme est un vice, ceux qui s’en rendent coupables condamnent la France à l’ensauvagement et à son corollaire – l’injustice. Nos gouvernants ont si peur du chaos social généralisé qu’engendrera inévitablement leur politique mortifère qu’ils déploient des trésors d’inertie pour ne pas agir fermement contre les vrais problèmes : criminalité endémique, incivilités chroniques, communautarisme, immigration.

Il y a deux types de personnalités politiques à « droite » et à « gauche » : les phobiques qui, comme Thomas Thévenoud, repoussent sans cesse l’exercice véritable du pouvoir car la dette est trop lourde ; les idéologues qui, comme Christiane Taubira, pensent qu’on ne peut réprimer les victimes ontologiques de l’histoire occidentale. En revanche, tous savent qu’ils ont armé une bombe et que la moindre secousse pourrait la faire exploser. Pour toutes ces raisons, ils abandonnent les honnêtes citoyens à la violence des voyous.

À Roubaix, dans le département du Nord, une famille de quatre enfants vivant dans le quartier « populaire » du Pile a décidé de révéler ce qu’elle subissait depuis un an. Harcelée par un gang de mineurs délinquants multirécidivistes, la famille avait déjà été cambriolée deux fois, et les pneus de leur voiture plusieurs fois crevés. On ne peut qu’imaginer l’enfer qu’ont dû vivre ces gens, perpétuellement insultés, menacés, et effrayés par ces barbares en culottes courtes. Face à une telle situation d’urgence, on est en droit de penser que la mairie de Roubaix, voire le ministère de la Justice, eussent pris les mesures qui s’imposaient, à savoir mettre hors d’état de nuire le gang. Que nenni. Afin de trouver du soutien, la famille est allée camper près de l’hôtel de ville de Roubaix, ce qui a rendu encore plus furieuse la mauvaise troupe. À un point tel qu’ils ont incendié la voiture qui avait été prêtée au père par un ami.

Cloîtrée à son domicile et dans l’incapacité de sortir, cette famille s’est vue proposer un nouveau logement par l’adjointe au maire chargée du logement (UMP). Arrêter la racaille ? Non, cela est impossible. Le quartier du Pile est le fief des délinquants, lesquels ont presque droit de vie et de mort sur leurs sujets, à la manière des anciens féodaux japonais. L’État a laissé tomber les Français, les voyous font leur propre loi. Le pouvoir a trop peur que la poudrière ne s’enflamme, nos maîtres ne veulent surtout pas revivre de nouvelles nuits d’émeutes. Sacrifions donc les honnêtes familles françaises, personne n’ira les soutenir sur les plateaux de télévision. Tout le monde, ou presque, s’en fiche. Ils n’ont pas de porte-parole médiatiques, d’artistes à faire valoir. Ils sont les perdants de la République, les grands oubliés.

À Pibrac, en banlieue de Toulouse, un même scénario se reproduit au moment des beaux jours, dans l’indifférence générale : courses de quads et djembés se font entendre du soir au matin. Une solution ? Déménagez. D’ailleurs, le message de l’État est clair : si vous n’êtes pas contents d’être menacés, troublés, ou volés par les voyous, déménagez. Sera-ce bientôt la France qui devra déménager d’elle-même et devenir un autre pays ? Tout comme les Syriens abandonnés à la tyrannie des hordes de l’État islamique, devrons-nous bientôt sacrifier Versailles, comme demain peut-être Palmyre ? Telles sont les questions qui détermineront notre destin face à l’Histoire.

Gabriel Robin

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